Le Réseau des Hommes Proféministes
et rappel des fondements du féminisme

EuroPROFEM - The European Men Profeminist Network http://www.europrofem.org 

   

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Depuis trois années, le réseau européen d'hommes proféministes rassemble activistes, chercheur-e-s, associations et groupes qui ont décidé de vivre et de promouvoir d'autres rapports entre hommes et femmes, et entre hommes.

A travers notre site Internet, nos bulletins, et de multiples réunions, nous sommes devenus un réseau d'échange de savoirs, d'information, d'initiatives. Par nos échanges nous avons acquis quelques certitudes communes. Nous sommes persuadé-e-s qu'on ne naît pas homme, mais qu'on le devient. Que la guerre que vivent les hommes dans leur tête et sur leur corps, dans la rue et les multiples conflits publics et privés est un avatar/une conséquence de la domination qu'exercent (encore) les hommes contre les femmes, les enfants et les hommes insoumis à la virilité obligatoire.

Nous avons choisi de parler, de dire, de montrer…
Pourquoi ne dirait-on pas que les violences sont principalement masculines ?
Pourquoi ne dirait-on pas que la position sociale de mâle produit des privilèges au dépens des femmes ?
Pourquoi ne dirait-on pas qu'il est possible de vivre d'autres relations entre nous, entre hommes, et entre hommes et femmes ? Et que l'on vit mieux ?
Les textes présents sur notre site, dans nos CD roms sont la preuve tangible qu'aujourd'hui de nombreuses personnes, quelles qu'elles soient, essaient d'inventer d'autres manières de penser, et de vivre le quotidien.

Unanimement, nous avons adopté le mot d'ordre du Lobbye Europen des femmes qui revendique un “ Nouveau Contrat hommes/femmes ”. Parce que nous sommes persuadé-e-s d'être à un tournant, une époque historique où le patriarcat est contesté, où l'oppression, la ségrégation, l'exclusion que vivent les femmes, les homo et bisexuel-le-s, les transgenres apparaissent de plus en plus comme des hiérarchies insupportables, inacceptables. Et que les femmes, quelles qu'elles soient, sont les premières visées et atteintes.

Nous voulons débattre, entre hommes, entre hommes et femmes, sur les changements nécessaires, sur des modèles altéritaires et égalitaires à mettre en place.

Après cette première phase, le réseau continue…
A travers notre site, nos échanges, vos idées…

Il continue dans la campagne de “ Ruban Blanc, campagne mondiale des hommes contre les violences masculines ” ( http://www.eurowrc.org ) ; dans les luttes des queers contre la normativité sexuelle ; dans la dénonciation de l'homophobie et de l'hétérosexisme, dans l'engagement des chercheur-e-s qui s'associent aux mouvements sociaux pour que leurs travaux participent à la déconstruction du genre, et dans nos, vos, mille et un gestes du quotiden qui s'opposent à la domination masculine.

Avant de tourner une page, nous devons aussi remercier tous ceux, et toutes celles qui de la Commission Européenne (programme égalité des chances) aux multiples groupes et associations, ont soutenu notre initiative.

http://www.europrofem.org 

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Le féminisme de ses origines à aujourd'hui

Le terme "féminisme" est souvent attribué à Charles Fourier (1772-1837). A la Fin du 19ème siècle, ce terme est employé dans la pratique politique et sociale où il désigne, le plus fréquemment, la lutte visant à établir l’égalité des droits politiques, civils et économiques entre l’homme et la femme.

Politiquement, le féminisme est la rupture individuelle de la femme avec son statut social et culturel, ainsi que son engagement collectif dans le combat politique pour le respect de ses droits et une vision plus "féminine" de la société dans toutes ses composantes.

Les premières féministes reconnues en tant que telles, furent les précieuses, les puritaines américaines du 17ème siècle, les révolutionnaires de 1789, de 1848 et de 1871 et les suffragettes du début du 20ème siècle.

Lors des progrès démocratiques du 19ème siècle, apparaît le féminisme. Les femmes se regroupent, constatant leur oppression commune et déclarent leur désir d’émancipation.

Aux Etats Unis, des mouvements puissants sont à l’origine de la première convention des Droits de la femme dans l’Etat de New York.

En Grande Bretagne, des actions violentes et spectaculaires de femmes sont organisées pour l’obtention du droit de vote. Le suffragisme restera un grand mouvement jusqu’au début de la Première Guerre Mondiale.

En Allemagne, les cercles socialistes sont investis par le débat féministe. Dans le programme du parti social-démocrate, Auguste Bebel y fait inscrire
l’égalité homme-femme.

En 1832 en France, dans la mouvance de Charles Fourier, des ouvrières créent la revue La Femme libre qui traite de l’éducation des femmes, de la formation professionnelle, de l’égalité des salaires et de la révision du Code Civil. Cette revue deviendra La Tribune des femmes. D’autres revues suivront comme La Gazette des femmes, Les Voix des femmes, L’Opinion des femmes, Le Droit des femmes.

La lutte pour le droit de vote fut une des principales causes de mobilisation. Les féministes affirmèrent que le droit de vote leur permettrait d’accéder aux décisions politiques et par la même occasion, d’élaborer des lois supprimant les inégalités sociales. La Première Guerre Mondiale contribua largement à l’obtention du droit de vote pour les femmes.

L’obtention du droit de vote et les réformes qui suivirent, n’ont point affaibli le mouvement. Après la Seconde Guerre Mondiale alors que l’égalité légale était acquise, démarrait le mouvement des années soixante. Les ouvrages de Simone de Beauvoir et Betty Friedan dénoncèrent les stéréotypes sexuels associant la femme à l’épouse et à la mère, empêchant la réalisation personnelle de la femme et favorisant sa culpabilisation en cas de refus de ce projet de vie.

En Europe dans les années ‘60, les principes sexistes, racistes et impérialistes sont toujours d’actua-lité dans le système politique et social. Le néo-fémi-nisme est né, en lutte contre la réduction des inégalités dans le domaine de l’éducation et du travail !

Depuis les années ‘70, la concrétisation de ces revendications prendra l’allure de mesures législatives qui garantiront l’égalité entre hommes et femmes dans les domaines publics et privés. Suite à ce mouvement, des réformes législatives ont été mises en place telles que les lois sur le divorce,
l’avortement, la contraception ou plus tard contre le harcèlement sexuel et la violence sexiste.

Au sein même des mouvements féministes, deux tendances se définissent : l’une, favorable aux actions conjointement menées avec les hommes, l’autre, non. Le Mouvement de Libération des Femmes était né. À la fin des années ‘70, la première tendance, le courant politique, a évolué vers un féminisme pour
l’égalité (voulant supprimer les différences entre les genres) et le courant radical vers un féminisme pour la différence (mettant en valeur les différences sexuelles).

Le mouvement féministe organise des actions moins spectaculaires qu’auparavant mais reste un grand courant qui a influencé fortement la vie des hommes et des femmes et qui a permis des bouleversements législatifs ainsi que des changements de mentalité.

Source: centres d'info CIDJ = Centres d'Information et de Documentation pour Jeunes
 en Wallonie et à Bruxelles http://www.cidj.be/dossiers/divers/femmes/feminisme.htm