Revue TYPES - Paroles d’hommes - N°1 Janvier 1981
Paternités

 

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Revue TYPES - Paroles d’hommes

Dans les années 70-80, suite aux revendication féministes des hommes vont se réunir en groupes de paroles pour questionner la construction du masculin, la paternité, la communication des hommes entre eux et avec les femmes, le machisme, la compétition, les modèles dominants. Cri de raliement: Nous sommes tous contre la virilité obligatoire. En France, la revue Types-Paroles d'hommes va publier 6 numéros entre 1981 et 1984. 

Ces numéros ont été numérisés pour le compte du Réseau Européen d'Hommes Proféministes par Thierry, webmestre de Quel Sexe.

http://www.quelsexe.com/ 

N°1 - Janvier 81

SOMMAIRE

Eh ! dites ! Ho !   9 KB

DESSINE MOI UN MOUTON   34 KB

MORSURE   9 KB

ÉTAT D'AME D'UN PÈRE CÉLIBATAIRE À MI-TEMPS   27 KB

POURQUOI JULIEN ?   6 KB

NAISSANCE D'UNE PATERNITÉ   26 KB

JE NE SUIS PAS PÈRE   3 KB

SPERME ÉTERNEL   5 KB

AMOUR — HOMOSEXUALITÉ — PATERNITÉ   15 KB

DIEU N'EST PAS MORT, IL BANDE ENCORE   4 KB

J'AI DÉJÀ DONNÉ   19 KB

CES ENFANTS POSSIBLES   6 KB

IMPUISSANCE ET STÉRILITÉ   5 KB

PÉRENNITÉ   5 KB

QUEL PÈRE, QUEL FILS?   22 KB

POÈME  2 KB

EXIT LES PÈRES ET LES NON PÈRES   7 KB

HORS THÈME

     LES GROUPES HOMMES   9 KB

     LEURS CORPS EUX-MÊMES    5 KB

     DES SORCIÈRES COMME LES AUTRES ?
     FORUM... AUSSI
     ARDECOM
     TOUCHER-AVEC  22 KB

Eh ! dites ! ho !

TYPES... PAROLES D'HOMMES. UNE REVUE POUR PARLER DE NOUS A LA PREMIÈRE PERSONNE. Ou à la deuxième. Du singulier ou du pluriel. Des écritures plurielles, parfois si singulières pour affirmer des identités multiples mais qui cherchent à se trouver, à se retrouver. Sans arrogance. Sans machiavélisme. Sans naïveté non plus. Nous voudrions ouvrir un espace de vie De nos vies de " mecs ". Pour nous laisser enfin aller à dire nos cheminements au jour le jour, nos espoirs et nos lassitudes, nos amours et nos peurs, nos incertitudes, nos désirs, nos plaisirs. Pour dire la découverte de nos manques, l'apprentissage de nos isolements face aux images que nous renvoient les institutions obligatoires — l'école et l'armée — et le reste — les films, la publicité, les revues dénudées, la pornographie, la violence. Pour raconter nos explorations à côté ou à contre-temps des modèles que nous sommes censés reproduire, des symboles dont nous sommes investis. Pour affirmer un droit à l'errance, à l'erreur, au rire, sans prétendre détenir la seule vérité qui vaille ou représenter les " nouveaux hommes " dont on nous rebat les oreilles. Ni archétypes, ni contre-types. Nos vies, ce sont nos idées et nos histoires. La nouveauté c'est vrai, c'est la chose la plus vieille du monde. Des voix isolées, déjà, se sont élevées pour dire leur vie. Cris, pamphlets, écrits, elles jalonnent, sur leurs marges, littérature et média. Il s'agit ici de les rendre multiples. De les orchestrer, de faire jouer leurs dissonances et leurs assonances. Et de tenter de nous exprimer autrement que par des recours à des discours souvent plaqués : discours de pseudo-vérité, discours militants, discours d'écrasement ; multiples pouvoirs de ces discours. Ce n'est — pas totalement — une utopie. Ces histoires et ces tentatives, ces pratiques et ces idées, des groupes les ont échangées. Les " groupes hommes ". Plus nombreux qu'on ne croit, qu'on ne sait. C'est cette expérience que Types voudrait — de sa place, sans s'en vouloir le dépositaire unique, sans exclusivité — contribuer à faire connaître, à répercuter, à enrichir. Comme eux, cette revue veut ouvrir une brèche, un espace social possible — qui serve aux hommes qui interrogent les modèles dominants et leur propre pesanteur. En se voulant ouverte elle-même à d'autres voix, elle veut susciter d'autres espaces, d'autres paroles.

 Comme eux, cette revue est le produit de points de vue divers, parfois opposés : il y a ceux qui pensent que ne surgiront des discours inouïs qu'en disant : " Je " et ceux qui se méfient de toute prétendue authenticité. Il y a ceux qui souhaitent — et ceux qui redoutent — que parler de soi ne soit qu'une étape, peut-être indispensable, vers la formulation d'une réflexion plus systématique sur la masculinité et d'une pratique plus consciente d'elle-même. Comme les groupes " hommes ", cette revue sera peut-être accusée de vouloir aider les hommes à reconquérir — ou renforcer — un pouvoir qui leur est contesté. Nous ne croyons pas, quant à nous, que le simple maniement de nos stylos ou que le cliquetis de nos machines à écrire nous fortifient dans une primauté que de toutes façons nous ne revendiquons pas. Sans prétendre toujours échapper à ses pièges ou à ses attraits, nous cherchons le plus souvent à nous en déjouer, de crainte que ses échafaudages et ses machineries ne nous construisent, sous l'apparence d'un palais, une prison. Comme eux ; cette revue sera peut-être accusée de constituer une parenthèse dans la vie sociale, sans perspective militante, sans prosélytisme organisé. Les questions que nous nous posons, nous les laissons parfois sans réponse : c'est vrai. Nous ne Sommes pas une " avant-garde masculine libérée ". Nous sommes seulement désireux d'entrouvrir les carcans dans lesquels, enfermants, enfermés, nous nous éloignons d'un changement potentiel. Comme eux, cette revue n'existerait peut-être pas s'il n'y avait eu une interpellation des féministes ou des homosexuels. Mais, comme eux, Cette revue se fera aussi bien avec des hommes pour qui la tâche urgente est de réfléchir à ces interrogations, qu'avec des hommes qui revendiquent plutôt une réflexion autonome — pas hostile — sur nos spécificités, nos insuffisances et nos positivités. Types. Oui. Nous lançons Une revue. En principe trimestrielle. Autour d'un thème : la paternité. Puis : les plaisirs, le corps, le couple, le féminisme. Ou d'autres. Avec des " hors-thèmes " sur les groupes " hommes ", les itinéraires, l'actualité. Types n'est pas la propriété de ceux qui en ont eu l'initiative. Elle dépendra de ses lecteurs pour sa diffusion comme pour sa production. Nous appelons à leurs contributions. Pour qu'un espace possible devienne un espace réel. Et qui dure.

Ont collaboré à ce numéro : PATERNITÉS

Anonyme 20ème siècle, Claude BARILLON, Bernard BERTHIER, François BRUN, Gilbert CETTE, Pierre COLIN, Philippe COUSSONNEAU, Georges FALCONNET, Bernard GOLFIER, Bertrand HERVIEU ,François LABYE ,Pierre-André LESTOCART, Philippe MERY, Blaise NOËL, Michel PONS, Alain SAVINO, Jean-Yves SPARFEL, Guy TANGORN, Didier URI.

" Guest Star " : Francine HATRY.

Maquette : Philippe COUSSONNEAU, Jean-Yves SPARFEL.

 


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