Revue TYPES - Paroles d’hommes n°4 - 1982
Masculin pluriel - Sommaire

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Revue TYPES - PAROLES D'HOMMES
N°4 - Mai 82

Masculin pluriel

SOMMAIRE

Edito

Du côté de nous (1)
     L'extra et l'ordinaire
     Transformation
     Groupes hommes ? Tu connais ?

Du côté de nous (2)
     La certitude d'être mâle
     Quand la réaction nous guette
     Moi, jamais ! Je suis à la revue Types
     Entre les définitions

Du côté de nos histoires (1)
     Pavane
     Alcools

Du côté de nos histoires (2)
     Footballeurs aux douches
     Orage masturbatoire
     Cinq semaines plus tard

Du côté de nos histoires (3)
     Petit rituel paternel

Du côté de nos histoires (4)
     Rétroviseur

Du côté du social et des institutions (1)
     L'armée fera de toi un homme
     LEP Corbillon, ou Tintin chez les phallos de base
     Internes en pensionnat religieux
     Compte des mille et une bites

Du côté du social et des institutions (2)
     J.R. notre héros
     Exhibition piège à cons
     Des virilons par millions
     De l'excroissance chiffrée aux alternatives

Du côté du social et des institutions (3)
     Pour une homosexualité douce

Du côté du social et des institutions (4)
     Embrasser qui on aime
     Droit de réponse : on vous écrira
     Hors-texte

Interview : The dark side of the moon

Balade dans la circulation des affects

L'homme épouvantail

No future, mecs ?

COURRIER

LA VIE D'A.D.A.M.

 

Ont collaboré à ce numéro

 

ÉDITO

Deux premiers numéros : " Paternité " et " Plaisirs ", et puis un an de silence. Nous revendiquions des paroles masculines différentes. Nous avons donc raconté nos blessures, nos interrogations, nos doutes : des histoires en forme de confidences.

Certains nous ont alors reproché notre " nombrilisme ", d'autres notre " intellectualisme ", d'autres au contraire une " absence d'élaboration théorique ".

Il est vrai que nous n'avons pas cherché à nous définir positivement : pas " rôles d'hommes ", mais pas non plus " avant-garde masculine de l'anti-phallocratie " ; mais plutôt une description en creux, pour rompre avec les bréviaires des " lignes Justes ". Évidemment, cette ambiguïté ne pouvait que susciter la question : " Qui êtes-vous ? Finalement, qu'est-ce que vous voulez ? "

 

Parmi nous, ces critiques trouvèrent un écho, et certains regrettaient de ne pas trouver dans la revue une dénonciation claire de la phallocratie ou du patriarcat.

Ils remarquaient la complaisance latente dans quelques textes des précédents numéros et l'absence d'analyses sociales des rôles d'hommes.

D'autres, au contraire, volaient au secours de ce manque de travail théorique et poussaient dans le sens d'écrits encore plus personnalisés, révélateurs des malaises et des troubles exprimés, notamment, dans les groupes hommes.

 

Durant un an, ces deux conceptions opposées ont nourri un débat qu'on peut résumer ainsi : " Qui sommes-nous ? " Et le thème des relations entre hommes nous est apparu comme le plus susceptible d'y apporter des débuts de réponses.

Ceci impliquait d'observer la réalité des relations entre nous (pourquoi une revue ? pourquoi les groupes hommes ?) et de continuer à explorer nos vies quotidiennes, nos histoires d'individus qui refusent les carcans des comportements virils obligatoires. Ceci supposait également une enquête, une approche critique des relations entre hommes dans la société, celles que nous partageons, parfois en ne les supportant pas, d'autres fois en les assumant, ces relations auxquelles de toute façon nous n'échappons pas, malgré nos désirs et nos défenses (concurrence, pouvoir, oppression, combats...)

 

La tentation était grande, en concevant ce numéro, de sombrer dans une vision manichéenne : les petits groupes hommes, havres de sérénité dans la remise en cause contre les grandes troupes noires de la phallocratie et de la virilité agressive... Où encore : nos incertitudes, nos vies minées de contradictions et de prudente sincérité contre les institutions obligatoires, les symboles envahissants et écrasants.

 

Nous n'en sommes pas restés à ces scénarios simplificateurs. pourtant, nous étions partis d'une conception fort négative : celle de décrire et de dénoncer les modèles dominants et les normes en vigueur, dans l'armée, l'école, le sport ou le travail. Présentés comme source de nos privilèges, de nos refus et de nos incertitudes, ces mécanismes sociaux et ces institutions interfèrent dans nos itinéraires individuels et viennent rendre floues les frontières entre nos désirs de changer, nos désirs d'exister.

 

Nous avons alors cherché de tous côtés. Ces explorations nous ont conduits à des images moins contrastées.

Il en ressort non pas l'homme-épouvantail, un masculin singulier pétri dans la boue de milliers d'années patriarcales, mais une approche de la façon dont nous pourrions vivre nos vies.

A l'écart des fausses complicités bâties sur la misogynie, des compétitions sexuelles pesamment viriles, des coups de poing sur la gueule, nous voulons vivre autrement la masculinité : positivement. A contre-temps des symboles et modèles dominants : ni stéréotypes, ni contretypes.

Au bout du compte, pas de réponse unique et définitive aux interrogations du départ. Au contraire. Nous sommes résolument, comme bien d'autres hommes, multiples, incertains, en mouvement. Des masculins pluriels qui veulent ne pas opprimer et se refusent aussi à se nier.

 

Des nouvelles d'A.D.A.M.

L'Association ADAM. — Association pour la Disparition des Archétypes Masculins — regroupe ceux qui, dans les groupes hommes et ailleurs, tentent de remettre en cause les stéréotypes et vivre autrement leur masculinité.

Elle a tenu une permanence dans un café parisien durant quelques mois.

 

Mais il y a aussi des lecteurs de Types en province, des groupes hommes également. Quelles sont leurs activités ? Ici, les quelques-uns qui écrivent dans Types et font cette revue aimeraient bien connaître un peu mieux ceux — vous — à qui ils s'adressent. Nous aimerions savoir plus précisément ce que vous pensez de cette revue, au-delà des " bof " ou des " bravo, continuez ". Ce que vous en attendez, les sujets que vous aimeriez voir traités, les différentes façons de le faire, témoignages, enquêtes, tables rondes, etc. Et surtout : que vous participiez en nous écrivant !

 

Nous allons tenter de réunir le maximum d'entre vous à Paris, le 20 juin prochain. Avec, au programme : un débat, à partir de 15 h. avec les adhérents d'ADAM et les abonnés de la revue ; le soir, jusqu'à 24 h. une fête. On prépare tout ça. Si des lecteurs sont intéressés à la préparation de cette journée, qu'ils nous écrivent : toujours 59bis rue de la Tombe Issoire, 75014 Paris.

 

Quelques infos rapides sur ADAM et Types ; il y a actuellement environ deux cents adhérents ou abonnés, dont les 2/3 en province. Les premiers numéros de la revue (1, 2/3) se sont vendus à 2000 exemplaires environ. Concluez vous-même : il n'est pas inutile que nous nous fassions connaître plus.

Last but not least : si vous désirez participer à la rédaction du prochain numéro, sachez qu'il portera sur " Nos relations avec les femmes ", mais faites vite, parution prévue pour l'automne 82.

 

Ont collaboré à ce numéro

Claude Barillon, Bernard Berthier, Jonathan Breen, Gilbert Cette, Claben, Philippe Coussonneau, Rémi Gérard, Bernard Golfier, Alain Jouclard, François Labye, Loïc Le Gouguec, Jean-Louis Legrand, Luis Mateo, Pierre-Yves Menkhoff, Michel, Blaise Noël, Christian Ollivier, Joël Philippe, Jean-Yves Rognant, Gilles Serre-bête, Didier Uri, Jean-Louis Viovy

" Guest Star " Brigitte Lefèvre

 

Directeur de publication : Didier Uri
Composé par les travaElles
Imprimé par EDIT 71
Edité par A.D.A.M. 59bis rue de la Tombe Issoire 75014 Paris

 


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